EXPO « Femmes Héroïnes »

Funmilayo Ransome-Kuti

Funmilayo Ransome-Kuti (1900-1978) était une militante féministe et nationaliste nigériane, figure majeure de la lutte pour les droits des femmes et l’indépendance du Nigeria. Première femme nigériane à conduire une voiture, elle a fondé l’Abeokuta Women’s Union, rassemblant des milliers de femmes contre les taxes injustes et les abus coloniaux.
Engagée dans l’éducation, elle a œuvré pour l’accès des filles à  l’enseignement et a été une voix influente dans les mouvements panafricains. Mère de Fela Kuti, icône de l’Afrobeat, elle a inspiré de nombreuses générations par son combat contre l’oppression et pour la justice sociale.

 Aline Sitoe Djatta

Aline Sitoé Diatta (vers 1920-1944) était une résistante et figure emblématique de la lutte anticoloniale au Sénégal. Originaire de Casamance, elle s’est opposée à l’oppression coloniale française, notamment aux réquisitions forcées de riz, élément vital pour son peuple.
Dotée d’une aura spirituelle et considérée comme une prophétesse, elle appelait à un retour aux valeurs traditionnelles et à l’autosuffisance. Perçue comme une menace par les autorités coloniales, elle fut arrêtée, déportée et mourut en captivité. Son engagement en fait une héroïne nationale sénégalaise et une source d’inspiration pour la résistance africaine.

Wangari Muta Maathaï

Wangari Muta Maathai (1940-2011) était une militante écologiste et politique kényane, première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix (2004) pour son engagement en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix.
Fondatrice du Mouvement de la Ceinture Verte, elle a mené une vaste campagne de reforestation impliquant les femmes rurales pour lutter contre la déforestation et la pauvreté. Première femme d’Afrique de l’Est à obtenir un doctorat, elle a aussi été députée et ministre adjointe de l’Environnement au Kenya. Son combat pour la protection de l’environnement et les droits humains a marqué l’histoire du continent africain.

Miriam Makeba

Miriam Makeba (1932-2008), surnommée « Mama Africa« , était une chanteuse et militante sud-africaine, figure emblématique de la lutte contre l’apartheid. Son mélange unique de musique africaine et jazz lui a valu une reconnaissance mondiale, notamment avec le titre Pata Pata.
Exilée pendant plus de 30 ans en raison de son engagement politique, elle a utilisé sa voix pour dénoncer l’oppression raciale, s’exprimant notamment à l’ONU en 1963. Lauréate d’un Grammy Award, elle a collaboré avec des artistes engagés et est restée une figure du panafricanisme jusqu’à sa mort.

 

Aminata Dramane Traoré

Aminata Dramane Traoré (née en 1947) est une écrivaine, militante altermondialiste et femme politique malienne. Ancienne ministre de la Culture du Mali (1997-2000), elle est une voix influente contre le néocolonialisme, les politiques d’ajustement structurel et l’ingérence étrangère en Afrique.
Engagée pour le développement endogène du continent, elle défend une Afrique souveraine et solidaire. Auteure de plusieurs ouvrages critiques sur la mondialisation, elle milite pour la justice sociale, l’autosuffisance économique et l’émancipation des peuples africains.

 

Marthe Ekemeyong Moumié

Marthe Ekemeyong Moumié (1931-2009) était une militante camerounaise engagée dans la lutte pour l’indépendance du Cameroun. Épouse de Félix Moumié, leader de l’UPC assassiné en 1960, elle a poursuivi son combat contre le colonialisme et les injustices.
Exilée après l’assassinat de son mari à Genève, elle a consacré sa vie à dénoncer les crimes coloniaux et à préserver la mémoire des résistants camerounais. Son engagement en fait une figure importante de l’histoire panafricaine et de la lutte pour la souveraineté africaine.

Assata Shakur

Assata Shakur (née en 1947) est une militante afro-américaine, ancienne membre du Black Panther Party et de la Black Liberation Army. Engagée dans la lutte contre le racisme et les violences policières, elle a été condamnée pour le meurtre d’un policier dans un procès controversé, marqué par des accusations de racisme et d’irrégularités judiciaires.
Évadée de prison en 1979, elle s’est réfugiée à Cuba, où elle vit en exil depuis 1984. Considérée comme une figure emblématique de la résistance noire, elle est toujours recherchée par le FBI, qui l’a placée sur sa liste des terroristes les plus recherchés. Son histoire symbolise la lutte pour la justice et l’émancipation des Noirs aux États-Unis.

 M’Balia Camara

M’Balia Camara (1929-1955) était une militante guinéenne et figure de la lutte pour l’indépendance de la Guinée. Engagée aux côtés du Parti Démocratique de Guinée (PDG), elle a mobilisé les femmes contre la domination coloniale française.
Assassinée par un administrateur colonial en 1955 lors d’une manifestation, elle est devenue une martyre de l’indépendance, symbolisant le courage et l’engagement des femmes dans la libération nationale. Son combat est encore honoré en Guinée, où elle est célébrée comme une héroïne nationale.

Aoua Keïta

Aoua Keïta (1912-1980) était une militante et femme politique malienne, pionnière des luttes pour l’émancipation des femmes et l’indépendance de l’Afrique. Première femme élue députée au Mali en 1959, elle a joué un rôle clé dans le combat anticolonial au sein du Rassemblement Démocratique Africain (RDA).
Sage-femme de formation, elle a œuvré pour l’accès des femmes à l’éducation et aux droits sociaux. Son autobiographie, Femme d’Afrique, témoigne de son engagement pour la justice et la souveraineté africaine, faisant d’elle une figure incontournable du panafricanisme et du féminisme africain.

Fatma N’Soumer 

Fatma N’Soumer (1830-1863) était une résistante et figure emblématique de la lutte contre la colonisation française en Algérie. Issue d’une famille kabyle, elle s’est imposée comme une chef spirituelle et militaire, menant la résistance aux côtés des troupes de l’émir Abdelkader et du cheikh Bou Baghla.
Réputée pour son courage et son charisme, elle a joué un rôle central dans plusieurs batailles avant d’être capturée en 1857 et emprisonnée jusqu’à sa mort. Symbole de la résistance algérienne, elle reste une inspiration pour les luttes anticoloniales et l’émancipation des femmes.

Andrée Blouin

Andrée Blouin (1921-1986) était une militante et femme politique congolaise engagée pour l’indépendance et les droits des femmes en Afrique. Métisse franco-guinéenne et congolaise, elle a surmonté une enfance marquée par la discrimination pour devenir une figure influente des luttes anticoloniales.
Elle a joué un rôle clé dans les mouvements indépendantistes, notamment en tant que conseillère de Patrice Lumumba en République démocratique du Congo. Défendant la cause des femmes africaines, elle a milité pour leur éducation et leur émancipation politique. Son engagement a fait d’elle une pionnière du panafricanisme et du féminisme africain.

Muthoni Kirima

Muthoni Kirima (1931-2022) était une combattante kényane de la lutte pour l’indépendance contre la colonisation britannique. Seule femme à avoir atteint le rang de commandante (Field Marshal) au sein des Mau Mau, elle a joué un rôle crucial dans la guérilla menée contre le régime colonial dans les années 1950.
Engagée dès son jeune âge, elle a combattu aux côtés de figures comme Dedan Kimathi, sacrifiant sa vie personnelle pour la cause nationale. Après l’indépendance, elle est restée une icône de la résistance et du patriotisme kényan, symbolisant la contribution des femmes aux luttes de libération en Afrique.